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Histoire - Seconde Guerre Mondiale (1939-1945)
Début 1943, la guerre est totale. On se bat aux quatre coins du monde, et l'Allemagne domine toujours l'Europe. Pour les cherattois rien ne change vraiment par rapport aux années précédentes, le coût de la vie est toujours aussi élevé, et la débrouillardise fait loi. Une certaine habitude s'installe, malgré l'espoir qu'un jour la guerre se termine et que la vie reprenne son cours normal.

Le 4 février, un soldat allemand facteur est tué par une locomotive au passage à niveau de Cheratte. Il sera enterré à Visé en grandes pompes, avec musique et escorte. Le mois de février connaîtra cependant un évènement un peu plus heureux; la dramatique Cheratte-Wandre jouera la pièce "Cousin Bébert" au profit du Secours d'Hiver et de l'aide aux prisonniers.
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Début mai 1943, les premiers prisonniers russes arrivent à Cheratte pour travailler dans le charbonnage. Les allemands les installent dans des baraquements le long du canal, entre la cité Henry et la Meuse. Chaque jour, les russes se rendent à la mine sous bonne escorte, et le soir venu ils chantent des airs de leur pays.
Ces chants laisseront un souvenir particulier dans la mémoire de plus d'un cherattois. Afin d'alléger leurs conditions de détention, la population leur fait parvenir de la nourriture. Ce petit manège ne passe pas inaperçu aux yeux des allemands, mais ces derniers laissent faire. Les prisonniers russes ne laisseront pas que leurs chants en souvenir; ils offriront des cadeaux à certains cherattois, comme à Joseph Locatelli qui recevra des cannes sculptées par leurs soins.
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Samedi 12 juin 1943 à 10h, une grand messe est célébrée à l'église Notre-Dame. Elle marque l'inauguration de "l'exposition du prisonnier", organisée par le Secours d'Hiver, au cinéma Mosan à Cheratte-Bas. Sont exposés les photos des prisonniers cherattois, ainsi que les différents cadeaux qu'ils ont pu envoyer à leurs familles. L'exposition durera plus d'une semaine et aura un énorme succès. Les recettes permettront d'envoyer de nombreux colis supplémentaires aux prisonniers.

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Exposition du Prisonnier à Cheratte, en juin 1943


Le 24 juin dans l'après-midi, les Allemands emportent la grosse cloche (480 kg) de l'église Notre-Dame, datant de 1850. Le curé et le vicaire ne peuvent l'en empêcher. Les appareils filmant la scène sont confisqués. Un allemand donne un marteau à Toussaint Josse qui l'utilisera pour frapper sur la cloche. Les éclats sont distribués aux personnes présentes.
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Le jour de la fêtre nationale, le 21 juillet, un groupe de cherattois hisse un drapeau belge sur la Belle-Fleur. D'autres drapeaux sont également disposés à l'entrée de la Cité, mais aussitôt retirés de peur des représailles.

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Le coude de la Meuse à Cheratte est entouré d'un cercle noir

Le 12 août, les Allemands emportent la grosse cloche (1300kg) de l'église Saint-Joseph, datant de 1902. Le curé Depus tentera vainement de les en empêcher.
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L'été fait place à l'automne, et durant leurs soirées les cherattois du Vinâve se réunissent dans la cuisine de la vieille maman Dumoulin, baptisée "la baraque". Ils parlent les nouvelles du jour et des faits sensationnels, réunis autour d'un bon feu.
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Les familles cherattoises fêtent Noël un peu mieux que les années précédentes; on mange les traditionnelles bouquettes, mais sans oeufs, ce qui est un peu sec.
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C'est également durant cet hiver que Jean Donnay réalise une de ses peintures : "Neige sur Cheratte".



Le printemps marque un changement d'occupation pour les cherattoises. Le prix du linge étant devenu prohibitif, un grand nombre d'entre elles deviendront couturières malgré elles, ou plutôt "spécialistes du raccomodage" comme dirait Joséphine Briquet. Et d'ajouter "A Cheratte, c'est le carnaval toute l'année !" Juliette Deby écrit dans une lettre à son frère prisonnier qu'elle a récupéré une "vieille fraque jaune" dans le coffre du grenier, afin d'en faire un tablier après l'avoir teint en noir.  C'est la débrouille à tous les niveaux.
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Le 10 mars, la Saint-Joseph est fêtée dans toute la Belgique en l'honneur des prisonniers de guerre. Une messe particulière est célébrée à Cheratte.
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Le 7 avril, des ouvriers allemands, escortés par des sentinelles en armes, tentent d'emporter la seconde cloche de l'église Notre-Dame. Le curé Lambrechts et le vicaire tentent de leur bloquer le passage. La cloche est sauvée grâce à son diamètre trop petit de 2cm, elle restera à Cheratte.
Le 13 avril, c'est le tour de l'église Saint-Joseph. Les allemands emportent la seconde cloche de l'édifice. Le curé Depus refuse une petite cloche de substitution offerte par l'occupant.

Belle_FleurLe 1e mai, un groupe de cherattois composé de Marcel Levaux, Gérard Spits, Noël Gillon et Jacques Dortu (celui-là même qui fut prisonnier des allemands à Saint-Léonard en janvier 1941), décide de poser un acte symbolique en faisant flotter deux drapeaux au sommet de la Belle-Fleur : le drapeau belge des vétérans de 14-18 de Wandre, et un drapeau soviétique artisanal confectionné par des habitants de Cheratte-Hauteurs. Ils parviendront à hisser sur son sommet les deux drapeaux, bien que le soviétique ne flottera pas, la teinture appliquée sur le tissu le rendant trop lourd. Afin d'éviter que les allemands ne puissent venir retirer les drapeaux facilement, ils saboteront l'escalier de la Belle-Fleur.

Le 26 mai, Le curé Depus se rend à Leuven et ramène une cloche de 75kg pour le prix de 7.500 francs récoltés par une trentaine de paroissiens. Le même jour dans la matinée, une explosion détruit le système de ventilation du charbonnage du Hasard. En juin, le vicaire de Cheratte-Bas quitte le village, il est nommé curé près de Namur.

Durant l'été 1944, les nouvelles du débarquement allié redonnent espoir à la population, et aussi à la résistance. Le 23 juin, la voie de chemin de fer est sabotée, une bombe explose tuant deux soldats. Le traffic ferroviaire entre Visé et Liège est perturbé. Le 21 août, la voie ferrée est de nouveau obstruée à Cheratte.
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La rumeur de l'avancée des alliés se répand partout, les cherattois commencent à croire à une libération prochaine. Croyance qui ne tardera pas à se vérifier...

Mis à jour (Dimanche, 23 Mai 2010 20:02)

 

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